« Le métro E version Gérard Collomb ne tient certainement plus »

1 mai 2026
6 min de lecture

Chaque semaine, Hugo Bachelet et Romain Zanol vous donnent rendez-vous pour des enquêtes, des infos exclusives et des entretiens dédiés à la scène politique lyonnaise. Cet épisode est inclus dans un abonnement à prix libre, nous vous invitons à nous soutenir pour que notre travail puisse continuer à faire vivre le débat démocratique. Au menu cette semaine : Jean-Charles Kohlhaas frustré, les JO d’hiver source de désaccords chez les Écolos, le RN  se la joue cancel culture. Et l’enquête politique de la semaine : pour relier l’Ouest lyonnais, le métro E semble loin d’être décidé.

Les exclusifs de l'Arrière-Cour
Jean-Charles Kohlhaas pourrait claquer la porte

Petite surprise : le nouveau conseil d’administration du Sytral ne compte pas parmi ses membres Jean-Charles Kohlhaas, pourtant vice-président délégué aux mobilités durant le mandat de Bruno Bernard, mais aussi accessoirement premier vice-président… du Sytral. Une situation que ne semble pas voir d’un bon œil celui qui doit se contenter d’une place de suppléant dans l’organisme extérieur de la Métropole : « Après six années à la vice-présidence des mobilités, c’est frustrant. C’est une situation qui ne me convient pas. Je vais voir comment les choses évoluent mais soit je passe titulaire, soit je me retire complètement. » Avec cinq places laissées à l’opposition, le billet d’entrée au Sytral était demandé, alors qui, de Bruno Bernard, Sandrine Runel, Cédric Van Styvendael, Vincent Monot et Matthieu Vieira laissera sa place ?

Pour les Écolos, l’accueil des JOP d’hiver 2030 s’annonce glacial

Ces derniers temps, Grégory Doucet s’est saisi de la question de l’accueil des Jeux olympiques d’hiver 2030 à bras-le-corps. Après un communiqué le 1er avril où il annonçait sa volonté d’accueillir les épreuves sur glace à Lyon, le premier édile a récidivé voici quelques jours en publiant une vidéo directement sur la patinoire. Son introduction : « Accueillir les JOP d’hiver 2030 à Lyon ? Chiche. »

Une nouvelle prise de position moyennement accueillie par ses homologues écologistes à la Région, qui ont publié, jeudi 30 avril, un communiqué titré « Les élu·es écologistes réaffirment leur opposition aux jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 ». Le texte précise que « les Écologistes ont adopté à l’unanimité une motion nationale affirmant qu’en l’état, ce projet est “incompatible avec les limites planétaires, socialement inacceptable et élitiste” et conduisant à s’y opposer ». Si, officiellement, les Écologistes de la Région « respectent l’approche différente, plus locale, de Grégory Doucet qui, en tant que maire, va devoir gérer une partie de l’événement et essaie d’être dans le dialogue avec les acteurs », en off, une élue précise à L’Arrière-Cour : « Grégory communique beaucoup sur ce sujet et il fallait que l’on réaffirme notre position. »

Les Écologistes lyonnais favorables aux JOP d’hiver 2030, les Écologistes régionaux opposés… Quid des Écologistes métropolitains ? « Il faut que l’on en discute en réunion, mais je ne vois pas pourquoi on serait contre », glisse l’un d’eux à L’Arrière-Cour.

2-1 pour Grégory Doucet.

La « cancel culture » du Rassemblement national

Et si les membres du Rassemblement national étaient les vrais fans de la cancel culture ? La question se pose après le dernier communiqué envoyé par Tiffany Joncour, intitulé « Wokisme au lycée : Tiffany Joncour, députée RN, exige l’annulation d’une inauguration le 7 mai ». La cause de la panique du Rassemblement national ? La salle polyvalente du lycée Arnaud-Beltrame, à Meyzieu, baptisée « Imane Khelif », du nom d’une boxeuse algérienne médaillée d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024. Celle-ci a été victime de harcèlement après sa victoire, médias et personnalités ultra-conservatrices et d’extrême droite l’accusant d’être transgenre et de ne pas pouvoir concourir dans la catégorie féminine.

C'est donc sans surprise que le RN s’est offusqué de la décision du lycée de Meyzieu de mettre en avant une femme symbolisant, selon le parti, « une confusion des repères et de l’imposition de débats idéologiques là où devraient prévaloir des règles claires », sans oublier de reprendre leur marotte habituelle, précisant que « ce choix illustre une nouvelle fois la pénétration du wokisme au sein de l’institution scolaire ». Un communiqué se terminant par un appel à la Région Auvergne-Rhône-Alpes à « intervenir sans délai pour exiger le retrait de cette dénomination ». Et si les membres du Rassemblement national étaient les vrais wokistes ?

Un appel visiblement entendu par l’exécutif de la Région, puisque Philippe Meunier, vice-président, a indiqué sur le réseau social X avoir « déjà fait le nécessaire pour que cette opération soit immédiatement bloquée ». Philippe Meunier est le vice-président délégué à l’aménagement du territoire, aux relations internationales, à la chasse, à la pêche, au bois, à la forêt, aux associations patriotiques, aux anciens combattants… et visiblement à la nomination des salles de lycée.
L'enquête politique de la semaine

« Le métro E version Gérard Collomb ne tient certainement plus »

En campagne comme lors de son investiture, Véronique Sarselli l’a martelé : elle mettra fin à TEOL et relancera le projet de métro E. Pourtant, un mois après la victoire de Grand Cœur lyonnais aux élections, le métro E semble être plus proche de l’abandon que de devenir un projet d’avenir.

C’était l’une des grandes promesses de Véronique Sarselli : arrêter le projet TEOL pour relier l’Ouest lyonnais, et construire un métro E. Le jour de son installation comme présidente de la Métropole, la même l’a réaffirmé : « Nous mettrons un terme au projet TEOL, qui n’a pas convaincu les habitants de l’Ouest lyonnais, et nous remettrons sur les rails le projet de métro E, dans un premier temps de Tassin jusqu’à la place Bellecour. »

C’est en partie sur ce sujet que Véronique Sarselli a fait campagne. Durant les mois qui ont précédé l’élection, l’ancienne maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a vivement critiqué la gestion du réseau de transport par la majorité de Bruno Bernard, promettant « un choc d’offres de transport en commun », qui passera par l’abandon du projet TEOL, qu’elle jugeait trop coûteux (autour de 800 millions d’euros selon les Écologistes), avec un tramway « en inadéquation avec les besoins de l’Ouest lyonnais ». À la place, Grand Cœur lyonnais souhaitait relancer le projet de métro E, porté par Gérard Collomb en 2019 et abandonné par les Écologistes en 2022. Alors, un mois après l’élection de Véronique Sarselli, quelle stratégie adopter pour désenclaver l’Ouest lyonnais ?

Le métro E remis sur les rails…

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