Remontada ou pasÀ quelques jours du scrutin, l'opération remontada de la gauche lyonnaise se dessine un petit peu plus. Un nouveau sondage OpinionWay, pour CNews, Europe 1 et le JDD, sorti ce jeudi 12 mars, fait le point, à trois jours du premier tour. Au terme de ce dernier, Jean-Michel Aulas (Cœur lyonnais) est toujours donné gagnant avec 43 %, contre 35 % pour Grégory Doucet (Union de la gauche et des Écologistes). Viennent ensuite Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) avec 9 %, et Alexandre Dupalais (RN) avec 6 %. Dans un duel au second tour, l’écart se resserre encore ; pour autant, l’ancien patron de l’OL reste vainqueur, à 53 % contre 47 % pour le maire sortant.
«
Je pense que c’est le fruit d’une dynamique qui existe depuis le début de l’entrée en campagne, en janvier, et qui n’a pas cessé de progresser », se félicite Renaud Payre, directeur de campagne de Bruno Bernard. «
Et dans le rapport gauche-droite, la gauche est au-dessus, ce qui n’était pas le cas en 2020. » Le vent tourne-t-il ? En tout cas, l’ancien directeur de Sciences-Po Lyon observe une certaine nervosité dans le camp Aulas : «
L’agressivité qu’ils ont manifestée lors de leur dernier meeting témoigne de leur fébrilité. Lorsqu’on est favori, on ne parle pas de l’adversaire, pour ne pas le faire exister. » Réponse dimanche pour y voir plus clair.
Romain Billard remixe Nadine Morano…Lors du débat sur le logement organisé par
Rue89Lyon et
Mediacités, le 10 mars dernier, Romain Billard officiait comme représentant de Cœur lyonnais. Alors qu’Anaïs Belouassa-Cherifi, Nathalie Perrin-Gilbert, Grégory Doucet, George Képénékian et lui discutaient des problématiques liées au logement, l’élu du 6
e arrondissement a jugé bon de préciser sa pensée : «
Je ne fais pas la chasse aux locataires. J’ai été locataire et je connais plein de locataires. » Une formule qui a rappelé Nadine Morano au bon souvenir de l’assemblée, qui n’a pu retenir quelques rires moqueurs. Tentative de rattrapage de Romain Billard : «
Je l’ai fait exprès, je savais que le public réagirait. » Heureusement, le débat ne portait pas sur l’immigration…
… et appelle à voter ÉcoloToujours lors de ce débat, Romain Billard s’est senti bien seul face aux autres candidats… et au public. Lors d’un temps de questions-réponses avec l’auditoire, l’élu du 6
e arrondissement a forcé le rôle de vilain petit canard : «
Je suis venu ici en sachant que je n’allais convaincre personne. Mais si vous trouvez que depuis six ans, il n’y a pas de problème de mal-logement à la ville de Lyon et que tout va bien, revotez pour les candidats que vous avez autour de la table. » Une perche tendue que Grégory Doucet, le maire sortant, n’a pas manqué de saisir : «
Je voulais remercier Monsieur Billard, six ans d'attente pour l’entendre appeler à voter l’union de la gauche et des Écologistes, ça valait le coup ! »
Bruno Bernard, condamné pour prise illégale d’intérêt ? Sur scène, lors de son meeting, Jean-Michel Aulas a taclé Bruno Bernard : «
L’actuel président de la Métropole de Lyon a été condamné par la justice pour “prise illégale d'intérêts” pour avoir placé son oncle à la tête de Lyon Habitat ! »
, gagnant ainsi les huées d’une salle acquise à sa cause.
En avril 2023, le procureur de la République a en effet notifié à Bruno Bernard un « avertissement pénal probatoire » (APP), qui équivaut à un rappel à la loi et qui n’est pas inscrit au casier judiciaire, «
en décidant de classer l’affaire sans suite ». Lors d’une audition en décembre 2022, l’élu avait reconnu avoir participé aux votes de deux délibérations en 2020 impliquant son oncle, François Thévenieau. La première visait à le nommer parmi les représentants de la collectivité à Grand Lyon Habitat. Toutefois, c’est le conseil d’administration du bailleur social, et non celui de la Métropole (que préside Bruno Bernard), qui élisait ensuite son président – une fonction bénévole qui ne donne lieu à aucune indemnité.
L’autre délibération accordait une aide d’urgence sociale de près de 400.000 euros à l’association Alynea dans le cadre de la crise sanitaire. Cette association, qui œuvre pour l’hébergement d’urgence, était au moment du vote présidée par François Thévenieau. En somme : même si ces deux délibérations ont été votées à l’unanimité par le conseil, Bruno Bernard, au regard de son lien de parenté avec François Thévenieau, aurait dû se déporter. Il n’a donc pas été «
condamné pour prise illégale d'intérêts », comme l’affirme Aulas, puisqu’il n’y a, de fait, jamais eu de procès.
Bisbille chez Grand Cœur lyonnais À la Sucrière ce mardi 10 mars, Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas donnaient leur dernière grand-messe avant le premier tour. Le meeting était coanimé par une certaine Anissa Djaadi Mezhoud, 2
e sur la liste Lyon Sud-Est de Grand Cœur lyonnais. Celle qui s’est présentée comme «
la mère de famille d’un bail commercial, avec des enfants de 3, 6 et 9 ans », avait eu en 2024 des démêlés judiciaires avec un autre colistier de Grand Cœur lyonnais, Pascal Charmot, 4
e sur la liste de circonscription Ouest.
En effet, celui qui était alors le maire LR de Tassin-la-Demi-Lune avait
instauré un menu unique dans les cantines scolaires de cette commune de l’Ouest lyonnais, ne proposant ainsi aucune alternative pour les enfants ne mangeant pas de porc ou de viande. Un choix qu’il avait justifié par «
l’esprit de laïcité »
. Avec le soutien de la Licra, un collectif de parents d’élèves, dont était membre Anissa Djaadi Mezhoud, avait alors obtenu du tribunal administratif que soit rétabli un menu de substitution.
Auprès de
Libération, Anissa Djaadi Mezhoud avait alors qualifié la manœuvre de Charmot de «
dérive d’une mauvaise interprétation de la laïcité, qui prend en otages des enfants et qui va à l’encontre de la cohésion sociale ». Le groupe vit bien.
Spartacus conteste son classement de mouvement d’extrême droite Classé comme mouvement d’extrême droite par le ministère de l’Intérieur, Spartacus réfute cette position. Lors d’un point presse tenu le 10 mars dernier, le mouvement s’est encore revendiqué «
ni de droite ni de gauche », mais comme un «
mouvement citoyen apartisan et antisystème ». Posté devant deux portraits de Quentin Deranque, Francis Lalanne, le désormais directeur de campagne et porte-parole de Spartacus, à la suite de son inéligibilité confirmée, a défendu sa paroisse : «
Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il y a des personnalités d’extrême droite, puisqu’elles n’en font plus partie et en réfutent les principes. »
L.P.La note de Véolia, cette Arlésienne Depuis
les révélations de L’Arrière-Cour, plusieurs membres de Grand Cœur lyonnais ont été invités à se positionner quant à la privatisation de l’eau. Comme le rapporte
Le Progrès, Jean-Michel Aulas et Emmanuel Imberton, l’un de ses proches conseillers, ont été interrogés à propos de la note interne de Veolia lors d’une séance de questions-réponses organisée par le Club de la presse le 11 mars. «
Nous n’avons jamais vu cette note », assure Emmanuel Imberton, tandis que l’ancien patron de l’OL affirme qu’il «
n’y a jamais eu aucun accord de ce type-là avec Veolia »
.Ce jeudi 12 mars, Véronique Sarselli a elle aussi soutenu sur le plateau de
Lyon Mag ne jamais avoir vu passer la note interne : «
Je ne suis pas destinataire d’une note de Veolia, je l’ai appris dans la presse. » Dans le même temps, la candidate à la présidence de la Métropole assène : «
Je ne prépare pas la privatisation de l’eau, je souhaite seulement une évaluation fine et objective de ce qu’est la régie de l’eau aujourd’hui. »
L’Arrière-Cour maintient qu’une note de l’ancien délégataire a bien circulé parmi les équipes de Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, une information par ailleurs confirmée par
Le Monde : «
L’équipe de campagne de l’entrepreneur a disposé d’une note interne de Veolia, dressant un bilan très négatif de la régie publique. »
Lyon People mélange les genresAlexandre Dupalais, candidat du Rassemblement national à la mairie de Lyon, a dévoilé les 73 noms de sa liste « Retrouver Lyon »
. À la 37
e position de celle-ci figure un certain Guillaume Engelhard. Son frère est bien connu de la sphère médiatique lyonnaise : il s’agit de Marc Engelhard, qui n’est autre que le directeur de publication… de
Lyon People. Ce dernier, qui signe sous le pseudonyme un rien égrillard de «
Marco Polisson »
, avait notamment été épinglé pour avoir présidé durant ses années étudiantes le Comité lyonnais d’action nationaliste (Clan), un groupuscule d’extrême droite qui prenait pour logo une croix celtique.
L’Arrière-Cour, ces fumiers…La dernière enquête de
L’Arrière-Cour sur la note interne de Veolia a fait réagir sur les réseaux sociaux. Pour le meilleur comme pour le pire. Visiblement mécontente, une utilisatrice du réseau social X s’est fendue d’un : «
L’arrière-cour… C’est pas là où on met le fumier ? [sic] ».
Dans le Nord-Isère, une commune de 10.500 habitants, Charvieu-Chavagneux, accorde sa confiance à Gérard Dezempte depuis 1983. L’homme à la tête de la municipalité, en traversant les époques, a glissé, puis dévalé la pente à sa droite. D’abord issu du RPR de Jacques Chirac, il rejoint en 2017 le Front national puis, en 2022, le parti Reconquête! fondé par Éric Zemmour. Celui-ci s’est même offert une visite dans la commune frontalière avec le Rhône, invité dans le gymnase municipal en 2021 quelques semaines avant l’officialisation de sa candidature aux présidentielles. Moins de deux ans plus tard, Gérard Dezempte se présentait aux élections sénatoriales de 2023 avec le soutien de Reconquête!.
Le dernier mandat de l’édile est marqué par un management autoritaire et des SMS racistes visant son principal opposant aux élections municipales, Mamadou Dissa.