La note interne de Veolia qui prépare la privatisation de l’eau par Aulas

Chaque semaine, Hugo Bachelet et Romain Zanol vous donnent rendez-vous pour des enquêtes, des infos exclusives et des entretiens dédiés à la scène politique lyonnaise. Cet épisode est inclus dans un abonnement à prix libre, nous vous invitons à nous soutenir pour que notre travail puisse continuer à faire vivre le débat démocratique. Au menu de cette édition : le PS mauvais coéquipier, une campagne qui décolle, le fondateur de Génération Aulas mange à la table du RN, et l’ex-patron de l’OL à la peine pour parler de son propre programme. Cette semaine, L’Enquête politique de L’Arrière-Cour révèle qu’une note interne de Veolia prépare la privatisation de la gestion de l’eau pour Jean-Michel Aulas.

Les exclusifs de l'Arrière-Cour
Les écologistes encore trahis par le PS

Le 4 mars dernier, Grégory Doucet s’est rendu sur le terrain de foot de Bellecombe (6e arrondissement) pour taper dans le ballon avec quelques élus de l’Union de la gauche, des militants et François Ruffin, le député de la Somme venu lui apporter son soutien. C’était l’occasion pour les différentes parties de l’Union de la gauche et des Écologistes de resserrer les liens autour de petits matchs et de quelques passements de jambes… à moins que de vieilles ires partisanes ne refassent surface ?

Lancée pleine balle, Sandrine Runel (PS) n’est pas parvenue à pousser le ballon au fond des filets. Hilare, Boris Tavernier présent sur la pelouse brocarde la députée : “Encore une fois… j’allais dire trahi par le PS !” Le groupe vit bien.

Décollage de campagne

Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre deux candidats de Cœur lyonnais arracher des affiches de campagne de l’Union de la gauche, dans le 8e arrondissement, le dimanche 8 mars : Michel Le Faou, tête de liste dans le 8e, et Franck Lévy, 3e sur la liste de Jean-Michel Aulas. 

Elles ont été largement relayées et commentées par les élus écologistes, qui rappellent que ces actes de dégradation sont répréhensibles par la loi. Ni les deux candidats en question, ni Cœur Lyonnais n’ont pour le moment réagi. 

Le fondateur de Génération Aulas est-il vraiment un soutien du RN ?

Jean-Arnaud Niepceron, fondateur de Génération Aulas, a été épinglé sur les réseaux sociaux par plusieurs élus écologistes, notamment Bruno Bernard, l’actuel président de la Métropole. 

En cause ? Une vidéo, qui date du 7 juillet 2024, lors des législatives, a refait surface. On y voit Quentin Taïeb, alors candidat de l'alliance entre Éric Ciotti et le RN, et aujourd’hui candidat à la mairie de Vénissieux soutenu par l'UDR et le RN, répondre à quelques questions lors d’une soirée électorale. En arrière-plan, Jean-Arnaud Niepceron s’envoie quelques amuse-gueules, en regardant les résultats tomber en direct sur un écran géant. 

Interrogé par L’Arrière-Cour, le leader de Génération Aulas concède “connaître effectivement ce garçon [Quentin Taïeb], lorsqu’il était républicain”. Toutefois, il indique “ne pas avoir vu la vidéo ou les publications en question”. Il s’agit sûrement d’une blague !”, lance-t-il un rien sarcastique, avant de couper court à l’échange. 

Nous ne signerons aucune alliance avec le RN”

La publication de l’Union de la gauche sur LinkedIn, quant à elle, interroge : “Jean-Arnaud Niepceron faisait campagne pour le candidat RN aux législatives ?” Sur X, Jean-Arnaud Niepceron est présenté comme un “ami” par Taïeb, et figure sur une photo du 14 juin 2021 aux côtés de Laurent Wauquiez et Samuel Soulier, tête de liste de Cœur Lyonnais dans le 6e arrondissement. 

En revanche, quelques semaines avant la vidéo le montrant avec Taïeb le soir des législatives, Niepceron avait publié un message sur son compte Facebook dans lequel il se défend d’avoir des liens avec le RN : “Nous ne signerons aucune alliance avec le RN. […] Il pose les bonnes questions, mais n’apporte aucune solution, et reste porteur des erreurs historiques du passé, même si les nouvelles générations n’en sont pas coupables.” 

Aulas mis en difficulté sur la place des femmes dans son programme

Ce dimanche 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, Jean-Michel Aulas a été interpellé dans la rue, par Marion Sessiecq , la maire écologiste du 3e arrondissement, à propos de la place des femmes dans son programme. Une vidéo, qui circule sur les réseaux sociaux et relayée par plusieurs élus écologistes, notamment la députée Marie-Charlotte Garin, montre le candidat en difficulté face aux questions de […], notamment sur la question des victimes de violences sexuelles. L’ancien patron de l’OL a en effet été à la peine quand il s’est agi de citer une mesure concrète : “Regardez le programme, vous allez voir, il y a plein de choses.” 

L’Arrière-Cour est donc allé jeter un œil audit programme, qui promet que Lyon et sa Métropole soient les plus 'woman friendly' de France : protéger les femmes, les accompagner et leur donner les moyens de réussir”.

Seulement, en dehors de ce paragraphe, il n’existe que deux mesures concernant explicitement les femmes : la proposition de lancer un “bus du cœur des lyonnes” pour aller vers celles qui consultent peu, et la création d’aides pour les familles monoparentales (dont une allocation de 250 euros). Dans le programme Cœur Lyonnais, les sujets des victimes de violences sexuelles ou de l’inégalité entre les hommes et les femmes n’y figurent pas. 

Durant la campagne, Jean-Michel Aulas avait tour à tour évoqué la création d'un centre d'hébergement d'urgence pour les femmes, d'un réseau de logements-relais ou encore d’une brigade municipale des femmes et des familles. 

À noter toutefois que le programme de Véronique Sarselli, candidate de Grand Cœur Lyonnais à la présidence de la Métropole de Lyon, prévoit un plan de lutte contre les violences faites aux femmes avec le développement d’hébergements d'urgence dans chaque commune volontaire”.
L.P
L'enquête politique de la semaine

La note interne de Veolia qui prépare la privatisation de l’eau par Aulas

L’Arrière-Cour est en mesure de révéler que Veolia, l'opérateur privé chargé de la gestion de l’eau jusqu’au passage en régie publique en 2023 par les Écologistes, a fait circuler auprès de Grand Cœur Lyonnais une note interne pour les convaincre de privatiser. Le camp de Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas a, de fait, changé son fusil d’épaule et remet désormais en cause la gestion publique par la Métropole, après s’être pourtant exprimés en sa faveur courant février.

La gestion publique de la régie d’eau du Grand Lyon doit-elle être remise en question ? Depuis quelques semaines, la petite musique monte du côté de Grand Coeur Lyonnais. Lors de sa conférence de presse qui s’est tenue le 26 février dernier, Véronique Sarselli donnait le ton. En cas d’élection, Grand Coeur Lyonnais veut en effet “mener une évaluation très poussée dès la prise de mandat”.

En sous-marin, le privé pousse pour que la Métropole de Lyon revienne sur la régie publique. En effet, selon nos informations, une note interne de Veolia Eau, que L’Arrière-Cour s’est procurée, remet en cause la gestion de l’eau en régie publique, et s’est retrouvée entre les mains de Grand Coeur Lyonnais.

Un contrat avec le privé à 92 millions d’euros

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