La justice déboute les Aulas et conforte la liberté de la presseCe mardi 20 janvier, le tribunal de Lyon rendait le délibéré du procès en diffamation opposant Jean-Michel et Alexandre Aulas, face au média indépendant Rue89Lyon. La justice a tranché en faveur des journalistes, estimant que l’article n’était pas diffamatoire, et a, par la même occasion, condamné les Aulas à verser 3369 euros au média. Une satisfaction et un soulagement pour Pierre Lemerle, le directeur de publication de Rue89Lyon, qui voit dans la décision du tribunal “un message adressé aux journalistes pour qu’ils continuent à faire leur travail”. Pour rappel, les dirigeants d’Holnest avait attaqué en diffamation nos confrères après une enquête intitulée “Les Aulas s’envolent en jet privé vers les paradis fiscaux”, qui démontrait que Jean-Michel et Alexandre Aulas avaient cofondé un terminal de luxe réservé aux jets privés à Miami, en ayant recours à un montage fiscal alambiqué. Aulas, soixante-huitard ou défaut de mémoire ? Jean-Michel Aulas a fait la tournée des plateaux de télé nationaux la semaine passée. Samedi 10 janvier, il était l’invité de Léa Salamé dans l’émission
Quelle Époque ! sur France 2. Interrogé sur sa participation aux manifestations de Mai 68, alors qu’il était encore étudiant à Lyon, le candidat de Cœur lyonnais a fait mine de se souvenir : «
J’avais rejoint Daniel Cohn-Bendit à la Sorbonne, et nous avions écrit sur le fronton “Il est interdit d’interdire”. » Dans la même envolée, « JMA » précise qu’il était à l’époque «
le président de l’UNEF à Lyon », syndicat étudiant de gauche. Une série d’anecdotes qui n’a pas manqué de faire réagir d’anciens (vrais) soixante-huitards, bien surpris de découvrir ce passé militant de Jean-Michel Aulas.
L’Arrière-Cour a contacté certains d'entre eux et retrouvé… le véritable président de l’UNEF en 1968. «
S’il y a bien une chose que je peux certifier, c’est que Jean-Michel Aulas n’était pas le président de l’UNEF en mai 68… puisque c’était moi »
, rit Pierre Bauby, aujourd’hui chercheur en sciences politiques. Comme d’autres militants de l’époque, Pierre Bauby dit n’avoir «
aucun souvenir de l’implication d’un certain monsieur Aulas ». C’est également le cas de Daniel Cohn-Bendit, de qui Aulas se plaît pourtant à dire qu’ils étaient amis. « Dany le Rouge » l’assure : il n’a aucun souvenir de ce dernier… «
Aulas est de toute façon bien loin de l’esprit soixante-huitard », ironise Pierre Bauby.
Jean-Michel Aulas invente une pollution atmosphérique Interviewé mardi 13 janvier par Darius Rochebin sur le plateau de LCI, Jean-Michel Aulas s’est encore fendu d’une déclaration aux allures de fake news. Interrogé sur son amour (ou non) de la «
bagnole », l’ancien président de l’OL ne s’est pas privé de lancer un énième tacle à la majorité écologiste : «
On a fermé Lyon depuis six ans, il y a beaucoup plus d'embouteillages et la pollution a augmenté. » Problème : les données publiées régulièrement par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, organisme qui mesure la pollution atmosphérique, démontrent que la qualité de l’air est en constante amélioration au fil des années. Contacté par
L’Arrière-Cour, Atmo a préféré ne pas s’exprimer. En effet, ses représentants devaient rencontrer les équipes de Jean-Michel Aulas vendredi dernier…
Grégory Doucet défend son humanisme à la lyonnaiseLundi 12 janvier, Grégory Doucet tenait une conférence de presse afin d’avancer des propositions sur le logement. Interrogé par un confrère sur la situation des mineurs isolés présents dans le jardin des Chartreux, le maire de Lyon a haussé le ton et en a profité pour répondre à Jean-Michel Aulas qui avait déclaré, dans les colonnes de
Tribune de Lyon, au sujet du sans-abrisme,
vouloir prendre « des mesures concrètes » pour « qu’il n’y ait plus d’immigration illégale ». Réponse du berger à la bergère, donc : «
À celles et ceux qui veulent nous faire croire qu’il suffit de renoncer à la solidarité, qu’il suffit de rejeter l’autre au motif qu’il serait différent de nous, au motif que sa situation administrative nous ferait ignorer la dignité que nous devons à tous, je le dis, moi maire de Lyon, ça n’arrivera pas »
, a martelé Grégory Doucet. «
Le prochain mandat ne sera pas un renoncement à l’humanisme de cette ville ! » Dans le sens de cette déclaration, l’actuel maire de Lyon a d’ailleurs annoncé, lors de son meeting qui s’est tenu le 17 janvier, que le budget relatif à l’hébergement d’urgence serait augmenté d’un million d’euros en cas de réélection.
Georges Képénékian pas invité au débatGeorges Képénékian a poussé un coup de gueule auprès de
L’Arrière-Cour. L’ancien maire de Lyon réclame en effet depuis le début de la campagne l’organisation d’un «
débat d’idées » afin de confronter les projets des candidats aux municipales. Pourtant, il n’a pas été convié au débat organisé par BFMTV et Actu Lyon prévu le 24 février prochain. Débat qui verra s’opposer Grégory Doucet (Union de la gauche et des Écologistes), Jean-Michel Aulas (Cœur lyonnais), Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) et Alexandre Dupalais (RN). Nathalie Perrin-Gilbert et George Képénékian sont les grands laissés-pour-compte du débat.
Pourtant, fin novembre 2025, Nathalie Perrin-Gilbert avait bien été invitée par BFM TV. Désinvitée depuis, a-t-elle fait les frais des règles dictées par Jean-Michel Aulas ? Pour rappel, réticent à l’idée de débattre, Jean-Michel Aulas a depuis posé les conditions de sa participation à un débat au premier tour, uniquement avec les candidats "ayant effectivement déposé l’ensemble des 24 listes : mairie centrale, arrondissements et métropole."De son côté, Képénékian, candidat sans étiquette, voit dans la situation «
un vrai problème pour le débat démocratique »
. «
Lorsqu’on ne fait pas partie de ces grosses machines que sont les partis, on est obligé de trouver d’autres moyens pour se faire entendre – cela met la démocratie en danger », tempête-t-il auprès de
L’Arrière-Cour. Il reproche à la chaîne de s’appuyer sur les derniers sondages d’opinion pour construire son casting, et alerte sur «
une évolution du système inquiétante »
. «
Quelque part, les sondages fabriquent l’opinion », regrette-t-il.
Contactée par
L’Arrière-Cour, BFMTV se défend : «
Les résultats des sondages d’opinion peuvent compléter l’évaluation de l’exposition mais ne constituent pas le critère principal » du choix des candidats invités. La chaîne, propriété de Rodolphe Saadé, assure que «
le principal critère pour mesurer la représentativité d’une liste repose sur les résultats obtenus lors du dernier scrutin, soit mars 2020 », ce qui «
justifie » la priorité des formations écologistes et LR.
Ce sont donc les sondages qui auraient décidé de l’invitation d’Alexandre Dupalais et d’Anaïs Belouassa-Cherifi. Pour rappel, en 2020, LFI n’avait pas présenté de candidat et le RN n’avait récolté que 5 % des suffrages au premier tour… bien loin des 10 % et 11 % de « NPG » et Képénékian.