L’école intégriste de Châtillon reste ouverte, décide le Conseil d’ÉtatTous les mois,
L’Arrière-Cour publie une enquête consacrée à l’entrisme de l’extrême droite dans les milieux ruraux d’Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec le Fonds pour une presse libre. Dans le deuxième épisode,
nous avons enquêté sur la Maison d’éducation Pauline Marie Jaricot (MEPMJ), une école catholique hors contrat à Châtillon-sur-Chalaronne, dans l’Ain. Nous révélions alors un programme passéiste et les liens étroits qui unissent ses promoteurs avec l’extrême droite, notamment des associations soutenues par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin.
Après notre enquête et plusieurs inspections diligentées par l'Éducation nationale notamment, la préfecture de l’Ain avait ordonné la fermeture totale de l’établissement le 19 novembre dernier. L’école s’est empressée de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Lyon… et a obtenu gain de cause.
L’affaire est remontée jusqu’aux couloirs du ministère de l’Éducation nationale : celui-ci a saisi le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, qui a tranché le 2 janvier dernier sur le sort de la MEPMJ, considérant que les motifs présents dans l’arrêté préfectoral «
n’étaient pas de bonne foi ». Pour rappel, la préfète de l’Ain avait réclamé la fermeture de l’école en raison des absences fréquentes de la directrice, Thérèse Madi, dans ses locaux. La MEPMJ reste donc ouverte.… jusqu’à la prochaine tentative de la préfecture ?
Sarselli ne roule pas pour la gratuité d’AulasLe 5 janvier, invitée à débattre avec Bruno Bernard sur le plateau de BFMTV, Véronique Sarselli a rappelé son opposition à la gratuité des TCL : «
Vous le savez, monsieur Bernard, in fine
, la gratuité se paie. Le plus important, pour les Grands-Lyonnais, c’est que le service soit rendu. » Bruno Bernard a en effet proposé de rendre les transports gratuits pour les mineurs dont un parent serait abonné.
Incitée à s’exprimer sur l’autre promesse de gratuité, celle portée par Jean-Michel Aulas, qui veut rendre les TCL gratuits pour tous les Lyonnais touchant moins de 2.500 euros par mois, Véronique Sarselli affiche son désaccord avec son binôme : «
C’est une proposition du candidat à la mairie de Lyon. Ce qui moi m’intéresse, c’est d’avoir des transports en commun fiables. » Depuis le départ, la droite, à laquelle s’est rallié Aulas, s’est clairement positionnée contre cette promesse, notamment Véronique Sarselli. Cette promesse de « JMA » contre son camp, et dont
L’Arrière-Cour avait démontré les limites, risque donc de ne jamais voir le jour.
Un « Cœur lyonnais » trop petit pour les migrantsCœur lyonnais battrait-il de plus en plus à droite ? Après avoir annoncé revenir sur l’encadrement des loyers et s’être rangé du côté des propriétaires, Jean-Michel Aulas s’est aventuré sur une pente glissante en s’exprimant sur le sans-abrisme. Alors que le plan Grand Froid vient d’être déclenché dans la Métropole, Jean-Michel Aulas a dit vouloir prendre des «
mesures concrètes » pour «
qu’il n’y ait plus d’immigration illégale » à Lyon, et qu’il ferait évacuer les campements et les lieux occupés. L’ex-patron de l’OL a également accusé la municipalité d’être «
complice des filières clandestines et des passeurs ».
Des propos qui ont provoqué un tollé à gauche et sur les réseaux sociaux. Marie-Charlotte Garin, députée de la 3
e circo du Rhône, a publié un communiqué dans lequel elle a dénoncé «
l’inhumanité de ces propos en pleine vague de froid » et rappelé que «
le droit inconditionnel à l'hébergement » est inscrit dans la loi.
Bien qu’il répète à l’envi ne pas avoir d’étiquette et s’affranchir des frontières politiques, Jean-Michel Aulas s’affiche
de facto comme le candidat de la droite à Lyon, note Laurent Bosetti, membre de l’Union des gauches, auprès de
L’Arrière-Cour : «
On remet en question le fameux “grand cœur lyonnais”. L’humanisme à la lyonnaise paraît très loin lorsqu’il est question des gens à la rue. Au moins les lignes du programme sont claires, maintenant. »
Il rappelle au passage que la Ville n’est pas complice de l’immigration illégale, mais qu’elle pallie des manquements de l’État : «
C’est une prérogative de l’État, mais précisément, la Ville de Lyon se mobilise comme jamais pour ne pas laisser des personnes dehors et dans des conditions indignes. C’est une attaque hypocrite d’Aulas. » Selon le recensement du collectif Les Morts de la rue, près de 750 personnes sont décédées à cause du sans-abrisme en 2025.