L’addition, s’il vous plaît !

Chaque semaine, Hugo Bachelet et Romain Zanol vous donnent rendez-vous pour des enquêtes, des infos exclusives et des entretiens dédiés à la scène politique lyonnaise. Ce douzième épisode est inclus dans un abonnement à prix libre, nous vous invitons à nous soutenir pour que notre travail puisse continuer à faire vivre le débat démocratique. Au menu cette semaine : Jean-Michel Aulas et Mai 68, c’est toujours brouillon ; sur le site de la mairie de Lyon, une coquille qui gonfle les chiffres du budget ; les maires du plateau nord pas emballés par le tramway promis par Bruno Bernard ; et enfin un récapitulatif du coût des propositions faites par les candidats de l’Union de la gauche et des Écologistes et de Grand Cœur lyonnais.

Les exclusifs de l'Arrière-Cour
Jean-Michel Aulas, décidément pas informé sur Mai 68

Dans sa dernière édition, la Newsletter politique de L’Arrière-Cour révélait que Jean-Michel Aulas avait la mémoire vacillante quant à son implication dans le mouvement de Mai 68 et son rôle au sein de l’UNEF à Lyon. Si le (vrai) président du syndicat étudiant a été retrouvé par L’Arrière-Cour, une autre déclaration du candidat à la mairie de Lyon a fait tiquer la rédaction. En effet, il a assuré à Léa Salamé « avoir écrit “Il est interdit d'interdire” sur le fronton de la Sorbonne ». Curieuse, L’Arrière-Cour s’est renseignée sur le sujet, notamment auprès de Michelle Zancarini-Fournel, historienne spécialisée dans la période de Mai 68. Selon elle, si JMA « avait lu la fiche Wikipedia du slogan, très argumentée et sourcée, il n’aurait peut-être pas osé dire cela ! » En effet, l’utilisation de cette phrase comme un slogan relatif aux manifestations a tout d’une idée reçue. La phrase n’apparaît d’ailleurs pas parmi les graffitis et affiches recensés par Le Monde sur le mur de la Sorbonne dans un article paru le 18 mai 1968. Coluche disait : « Le pire ennemi d’un menteur, c’est quelqu’un qui a bonne mémoire. » Malheureusement pour Aulas, les murs de la Sorbonne ont bonne mémoire.

À la mairie, les calculs 2026 ne sont pas bons

Alors que L’Arrière-Cour épluchait le budget primitif 2026 de la mairie de Lyon pour préparer cette édition, la rédaction est tombée sur une bizarrerie. Un graphique (voir ci-dessous) représentant la planification pluriannuelle des investissements 2026, en pourcentage du budget, par secteurs. Jusque-là, rien d’anormal. Problème : tous les secteurs additionnés, le total est de… 111 %. Y aurait-il finalement de l’argent magique à la Ville ? Contactée, la mairie de Lyon est revenue vers L’Arrière-Cour. Elle reconnaît une coquille pour le secteur « Solidarités et jeunesse », dont le pourcentage est de seulement 9 %.



Les maires du plateau nord rechignent à accueillir le tramway

La proposition de Bruno Bernard de réaliser un tramway desservant le plateau nord n’a pas ravi… les maires du plateau nord. Alexandre Vincendet, Bastien Joint et Damien Monnier, premiers édiles des communes de Rillieux-la-Pape, Caluire-et-Cuire et Sathonay-Camp respectivement, se sont fendus d’un communiqué dénonçant le projet de l’actuel président de la Métropole, qui « promet en campagne ce qu’il a toujours refusé pendant son mandat ». Interrogé par L’Arrière-Cour sur son envie d’accueillir le projet en cas de réélection de Bruno Bernard, Bastien Joint précise : « Je ne m’opposerai pas au projet. Simplement, la position de Bruno Bernard n’a aucune cohérence. En campagne, c’est le champion de la volte-face. »

Le maire de Caluire l’assure : « Le corridor du plateau nord, c’est l’endroit où il faut investir pour les 20 prochaines années. » Pourtant, Véronique Sarselli, que Bastien Joint soutient, n’a pas encore fait d’annonces relatives aux transports sur le plateau nord, seulement le métro E, et un potentiel métro desservant la grand stade et l’aéroport Saint-Exupéry, sans que celui-ci ait été chiffré. Pas d’inquiétude à avoir, d’après le Caluirard : « Des propositions sont sur la table et il est évident que le plateau nord pèsera de tout son poids. En matière de transports, il faut de l’ambition, et on n’en a pas eu pendant six ans. » Qui sait, peut-être que le métro voulu par Aulas pour desservir le Grand Stade pourra faire un détour par Caluire et Rillieux.

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L'enquête politique de la semaine

Combien coûtent les promesses des candidats ?

Depuis le début du mois de janvier, les candidats à la Ville de Lyon et à la Métropole passent la seconde, en particulier l’union des gauches et Cœur lyonnais, les deux poids lourds de la campagne. Gratuité des transports, bibliothèque du XXIe siècle, Nouvelle Traversée de Fourvière… L’Arrière-Cour passe en revue les promesses marquantes des deux camps dans le secteur des transports, de la sécurité, du social, de la culture et de l’aménagement. L’occasion, à trois mois du premier tour, de dresser un bilan et de se faire une idée de la facture. L’addition, s'il vous plaît !

Avant de dresser le bilan comptable des promesses majeures des deux principales forces politiques en lice aux prochaines élections, petit rappel sur les budgets.

La Métropole de Lyon dispose, pour 2026, d’un budget de 3.974,4 millions d’euros. Ces presque 4 milliards d’euros sont divisés en trois parties : les dépenses de fonctionnement, qui représentent la majorité du budget (2,92 milliards d’euros) ; les dépenses d’investissement, qui s’élèvent à 1,05 milliard d’euros ; l’autofinancement, soit une somme de 275 millions d’euros pouvant être réinjectée dans les investissements.

Côté Ville de Lyon, le budget total s’élève à 1.183 millions d’euros, répartis en deux secteurs : les dépenses de fonctionnement, pour un total de 813 millions d’euros, et les dépenses d’investissement, soit 370 millions d’euros.

Afin de mieux mettre en perspective ces chiffres, voici deux graphiques empruntés à la Métropole (graphique de droite) et à la Ville de Lyon (graphique de gauche), représentant la répartition du budget par secteurs :

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Les transports

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