Une ministre reçoit des syndicats dans les locaux d’Aulas
Vendredi 12 décembre, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, et le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille ont reçu à Lyon les organisations syndicales de pompiers. Sauf que… sur une photo publiée sur les réseaux sociaux du syndicat Sud, on voit, en fond, le logo de Cœur lyonnais.
Rapidement supprimée, l’image a provoqué la grogne de certains autres candidats à la mairie de Lyon, comme Alexandre Dupalais (UDR-RN) : «
Énième confirmation que le candidat de la macronie et des médias, M. Aulas, estime être au-dessus des règles ! Il est inédit qu’une ministre en fonction reçoive des délégués syndicaux dans le local de campagne d’un candidat. »
Auprès de
L’Arrière-Cour, Sud assure ne pas avoir été mis au courant que cette rencontre aurait lieu au QG de Cœur lyonnais. Il précise que Jean-Michel Aulas n’était pas là : «
Nous ne savions pas et l’avons découvert sur le trottoir. Nous avons déjà rencontré plusieurs candidats dans leurs locaux, comme Anaïs Belouassa et Nathalie Perrin-Gilbert, mais ce jour-là, nous venions voir la ministre. »
Invitée à s’expliquer par
L’Arrière-Cour, Marie-Pierre Vedrenne donne quelques précisions : «
J’étais sur un temps privé. Je suis adhérente du MoDem, qui soutient Jean-Michel Aulas dans le cadre de la campagne municipale. Ce sont les syndicats qui ont demandé à me rencontrer, à la dernière minute, j’ai accepté par courtoisie mais sans aucune visée politique. Oui, je soutiens Jean-Michel Aulas, comme le MoDem. » La ministre assure ne pas interférer dans la campagne : «
Je peux comprendre la colère des autres candidats, mais je ne prends aucune part dans la campagne municipale lyonnaise. Je regrette que cette réunion ait été rendue publique et soit maintenant instrumentalisée à des fins politiciennes. »
Les Écolos font danser Sarselli pendant le conseil
C’est un tweet vite supprimé mais qui a marqué les esprits. Après la promesse de Bruno Bernard de mettre à disposition les métros toute la nuit durant le week-end, Véronique Sarselli, son adversaire dans la course à la présidence de la Métropole, s’est fendue d’un tweet qu’elle a, semble-t-il, rapidement regretté : «
Très utile pour une poignée de teufeurs sortant du Macumba bien imbibés, à un coût exorbitant pour le contribuable qui ira bosser le lundi et se prendra une panne de métro. »
Lors du dernier conseil métropolitain lundi 15 décembre, plusieurs élus n’ont pas manqué de rappeler à Sarselli que ce dérapage n'était pas passé inaperçu. Éric Perez, élu écologiste, suggérait que le futur réseau de chauffage de la Métropole pourrait servir à «
par exemple, chauffer une piste de Macumba », gagnant les rires de l'hémicycle.
Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un autre Écologiste, Valentin Lungenstrass, de chambrer Véronique Sarselli en évoquant les futures activités possibles après les aménagements de la rive droite du Rhône : «
Il y aura des jeux pour enfants, des bancs publics, un espace musical où, paraît-il, on pourra jouer le Macumba. »
Chez Grand Cœur lyonnais, un ancien zemmouriste incognito ?
La semaine dernière,
L’Arrière-Cour rappelait qu’
Étienne Blanc (LR) avait été exclu du groupe Cœur lyonnais après avoir flirté avec l’extrême droite. Le sénateur a subi les conséquences de la condition de non-accord avec le RN qui scellait l’alliance de Jean-Michel Aulas avec Véronique Sarselli aux élections métropolitaines. Lors du conseil métropolitain du lundi 15 décembre dernier, c’est donc sous l’étiquette de Grand Cœur lyonnais que sont regroupés les 51 soutiens du tandem Aulas-Sarselli.
Sur la liste disponible sur le site de la Métropole, Grand Cœur lyonnais compte dans ses rangs un certain Christophe Girard. Cet ancien élu d’opposition à la mairie de Vénissieux est notamment connu pour avoir fait partie de l’organisation de campagne aux présidentielles de 2022… d’Éric Zemmour. À l’époque, Christophe Girard avait expliqué son ralliement au candidat d’extrême droite auprès de nos confrères du
Progrès : «
Je suis depuis très longtemps en grande adéquation avec les réflexions d’Éric Zemmour. »
Auprès de
L’Arrière-Cour, Roman Abreu, qui pilote la communication de campagne de Grand Cœur lyonnais, réfute l’appartenance de l’ancien zemmouriste au groupe mené par Aulas et Sarselli : «
Ce n’est pas parce qu’une personne affirme publiquement être avec nous qu’elle l’est effectivement. Christophe Girard ne fait partie d’aucune équipe, d’aucune instance et d’aucune organisation opérationnelle. Il n’est accepté dans aucune équipe à quelque niveau que ce soit. »
Pourquoi la Métropole présente-t-elle Christophe Girard comme appartenant à Grand Cœur lyonnais ? «
Si les déclarations de Christophe Girard ne vont pas dans le sens de la ligne fixée par Jean-Michel Aulas, la même décision [que pour Étienne Blanc, NDLR]
sera prise », ajoute Roman Abreu. Alors, fait partie ou ne fait pas partie ?
Ciao l’angoisse du dernier métro ? C’est en tout cas ce que promet Bruno Bernard, président écologiste sortant de la Métropole et candidat à sa réélection : faire circuler les quatre lignes de métro toute la nuit le vendredi et le samedi soir. L’actuel président du SYTRAL veut ainsi que la « Métropole devienne pionnière en France ».
Cette mesure, qui serait en effet inédite dans l’Hexagone, existe dans d’autres métropoles européennes, comme Londres et Barcelone. Emmanuel Grégoire (PS), candidat à la mairie de Paris, a formulé une proposition analogue, souhaitant voir les métros parisiens fonctionner en continu la nuit toute la semaine. Pour l’heure, les métros lyonnais s’arrêtent aux alentours de 0 h 30 en semaine et, depuis 2019, à 2 h du matin le week-end.
« Dès le lendemain de l’élection, nous discuterons avec les agents des TCL (Transports en commun lyonnais), les organisations syndicales pour un nouveau temps de travail et une organisation différente pour s’adapter à cette ouverture la nuit », a indiqué Bruno Bernard dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux.