North Koreans Portraits North Korea PyongYang June 2018 Kim Yun Gyong, Han Sol Gyong, Kim Won Gyong, Kang Sun Hwa and Kong Su Hyang in the 3D movie theater at SCI Tech Complex.

Photographies © Stéphan Gladieu / Courtesy School Gallery Paris

Au musée des Confluences, Stéphan Gladieu fait le portrait de la Corée du Nord

11 juin 2026
4 min de lecture
North Koreans Portraits North Korea PyongYang June 2018 Kim Yun Gyong, Han Sol Gyong, Kim Won Gyong, Kang Sun Hwa and Kong Su Hyang in the 3D movie theater at SCI Tech Complex.

Dès le 12 juin 2026, le musée des Confluences accueille l’exposition « Corée du Nord » du photographe français Stéphan Gladieu. À travers une série de portraits réalisés entre 2017 et 2020 dans l’une des dictatures les plus fermées au monde, le photographe porte une réflexion sur l'identité, l’apparence et le rapport à l’image. 

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L’originalité du projet réside autant dans son sujet que dans son procédé visuel : Stéphan Gladieu réactive la tradition du studio photographique mobile avec une série de portraits inédits capturés en Corée du Nord, au cours de cinq voyages. Depuis la fin des années 1980, il développe une œuvre centrée sur les conflits et les sociétés fermées. Il tente alors, pendant près de quinze ans, d’obtenir l’autorisation d’entrer dans ce pays autoritaire. Lorsqu’il y parvient enfin, chacun de ses déplacements est strictement encadré par les autorités. Le photographe raconte qu’il n’a disposé d’aucune liberté concernant le choix des lieux à photographier et les décors qui accompagnent les personnages : « la veille au soir, on m’annonçait où j’allais le lendemain, dans un hôpital, une usine ou un parc, mais sans avoir plus de détails », explique-t-il. 

« Quand on regarde les photos, on a parfois l’impression qu’elles sont fausses […]. C’est en réalité volontaire, et ce que j’ai photographié est réel » - Stéphan Gladieu

Stéphan Gladieu cherche pourtant à créer un terrain de liberté artistique dans ce cadre extrêmement contrôlé. Le décor devient le reflet d’une société où le collectif prime sur l’individu. Les vêtements, les attitudes et les lieux photographiés sont « réels », bien que ses portraits produisent une sensation d’artificialité trahie par des couleurs lisses, des arrière-plans impeccables et des poses rigides.

Un constat que le photographe reconnaît lui-même : « Quand on regarde les photos, on a parfois l’impression qu’elles sont fausses, que ce sont des montages travaillés sur des fonds verts, qu’il y a quelque chose de stéréotypé. C’est en réalité volontaire, et ce que j’ai photographié est réel ».

La tradition de la photographie mobile comme inspiration

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