


Photographies © Stéphan Gladieu / Courtesy School Gallery Paris

Dès le 12 juin 2026, le musée des Confluences accueille l’exposition « Corée du Nord » du photographe français Stéphan Gladieu. À travers une série de portraits réalisés entre 2017 et 2020 dans l’une des dictatures les plus fermées au monde, le photographe porte une réflexion sur l'identité, l’apparence et le rapport à l’image.
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L’originalité du projet réside autant dans son sujet que dans son procédé visuel : Stéphan Gladieu réactive la tradition du studio photographique mobile avec une série de portraits inédits capturés en Corée du Nord, au cours de cinq voyages. Depuis la fin des années 1980, il développe une œuvre centrée sur les conflits et les sociétés fermées. Il tente alors, pendant près de quinze ans, d’obtenir l’autorisation d’entrer dans ce pays autoritaire. Lorsqu’il y parvient enfin, chacun de ses déplacements est strictement encadré par les autorités. Le photographe raconte qu’il n’a disposé d’aucune liberté concernant le choix des lieux à photographier et les décors qui accompagnent les personnages : « la veille au soir, on m’annonçait où j’allais le lendemain, dans un hôpital, une usine ou un parc, mais sans avoir plus de détails », explique-t-il.
Stéphan Gladieu cherche pourtant à créer un terrain de liberté artistique dans ce cadre extrêmement contrôlé. Le décor devient le reflet d’une société où le collectif prime sur l’individu. Les vêtements, les attitudes et les lieux photographiés sont « réels », bien que ses portraits produisent une sensation d’artificialité trahie par des couleurs lisses, des arrière-plans impeccables et des poses rigides.
Un constat que le photographe reconnaît lui-même : « Quand on regarde les photos, on a parfois l’impression qu’elles sont fausses, que ce sont des montages travaillés sur des fonds verts, qu’il y a quelque chose de stéréotypé. C’est en réalité volontaire, et ce que j’ai photographié est réel ».
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