Chaque semaine, Hugo Bachelet et Romain Zanol vous donnent rendez-vous pour des enquêtes, des infos exclusives et des entretiens dédiés à la scène politique lyonnaise. Ce treizième épisode est inclus dans un abonnement à prix libre, nous vous invitons à nous soutenir pour que notre travail puisse continuer à faire vivre le débat démocratique. Au menu cette semaine : Aulas trie la presse sur le volet, Képénékian désarmé, Sarselli reine des amendes. Retrouvez également l’enquête politique de la semaine : avec le projet colossal de la bibliothèque du futur, Grégory Doucet joue-t-il au jeu de Jean-Michel Aulas et de la poudre aux yeux ?

Jean-Michel Aulas « aime tous les journalistes »… sauf la plupart
Lors de la déambulation électorale de Jean-Michel Aulas au côté de Jean-Louis Borloo à La Duchère le 4 février, le candidat est interrogé – non sans mal – sur ses rapports avec la presse. « Pourquoi la plupart de vos déplacements se font sans la presse ? », questionne, micro tendu, un journaliste de RFI. Après plusieurs tentatives, Jean-Michel Aulas daigne finalement répondre, en faisant la moue : « Je ne comprends pas cette question. J’aime les journalistes, mon père était d’ailleurs lui-même journaliste ! Je respecte la presse. » Un journaliste lance alors à la volée : « Oui, enfin, ça dépend quelle presse ! »
En effet, bon nombre de médias et de journalistes – L’Arrière-Cour compris – n’ont pas été conviés à casser la croûte avec Aulas et Borloo pendant le déjeuner organisé à La Duchère, pourtant « ouvert à la presse ». Le Club de la presse de Lyon s’est d’ailleurs fendu d’un communiqué dans lequel il regrette que certains médias (Libération, Mediacités, Rue89 Lyon, Le Monde, Lyon Capitale, Tribune de Lyon, etc.) « aient été volontairement écartés » de la ripaille. « Le Club de la presse tient à dénoncer très fermement cette pratique problématique qui consiste à sélectionner les journalistes. »
« On a le sentiment qu’Aulas blackliste les journalistes qui le dérangent », souffle, las, un journaliste auprès de L’Arrière-Cour. « La plupart des questions sont très polies et convenues, elles ne le mettent jamais en difficulté. »
Képénékian sans arme au débat de Lyon 3
Georges Képénékian a vécu un moment insolite à l’Université Lyon 3. Alors que des groupes étudiants avaient invité un représentant de chaque liste pour un débat autour des municipales, l’ancien maire de Lyon a eu du mal à entrer dans les locaux. La raison ? On lui a demandé… s’il était armé !
Une anecdote qui prête à sourire, mais qui a fortement déplu au candidat sans étiquette, qui n’était évidemment pas armé mais découvre des normes de sécurité bien différentes de celles en vigueur lors de ses années d’étudiant. « Cela m’a choqué, j’ai passé ma vie à l’université et à l’époque, c’était un espace de liberté », s'étouffe-t-il auprès de L’Arrière-Cour.
Grand Cœur lyonnais assume de payer des amendes
Sur le réseau social X, les joutes verbales entre membres de l’Union de la gauche et des Écologistes et membres de (Grand) Cœur lyonnais sont devenues quotidiennes. Récemment, Véronique Sarselli y est aussi allée de son tweet : elle a publié une photo de l’installation Tissage urbain posée sur la place Bellecour, accompagnée du commentaire : « 1,6 M€ ». En réponse, un utilisateur avec pour pseudo « L’Emmerdeur Lyonnais » rappelle que, de son côté, Véronique Sarselli, maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, aurait réglé « 4,6M€ en un mandat » d’amendes « payées par les impôts des habitants » pour non-respect de la loi SRU (qui impose un quota de 25 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3.500 habitants).
Un coup bas ? Pas de quoi donner des complexes au compte officiel de Grand Cœur lyonnais qui claironne, en réponse, que « la somme de ces amendes est réinjectées [sic] dans les politiques publiques du logement. L’étendage, lui, est un pur gaspillage. » Et si Véronique Sarselli se fait flasher dans son méga-tunnel, Grand Cœur lyonnais viendra-t-il se targuer de financer la prévention routière ?
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Lyon a-t-elle besoin de la bibliothèque à 140 millions d’euros de Grégory Doucet ?
Grégory Doucet a voulu prendre à bras-le-corps le thème de la lecture publique dans cette campagne. Le maire sortant propose en effet de rénover la bibliothèque municipale de la Part-Dieu. Ce chantier monstre de 140 millions d’euros s’accompagne de la création de trois autres bibliothèques de quartier. Un projet qui apparaît nécessaire dans les grandes lignes, mais dont la pertinence du coût et des modalités fait débat.