Sport et violences sexuelles : Lyon s’attaque au revers de la médaille

Le 5 juin dans L’Équipe, Grégory Doucet dévoilait son intention de fixer un nouveau prérequis pour les subventions accordées aux clubs de sport lyonnais : ils devront former leur personnel à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles pour la rentrée 2024. Une décision largement saluée, mais qui fait malgré tout grincer quelques dents au sein des clubs. Un reportage de Laurène Roche.

« On a besoin d’un engagement massif », déclarait Grégory Doucet dans les colonnes de L’Équipe au sujet des violences sexistes et sexuelles. Pour rappel, en 2020, Roxana Maracineanu, ministre des Sports, déplorait des cas d’abus sexuels dans 40 fédérations françaises. La mairie de Lyon a décidé de soutenir cette lutte en conditionnant les subventions accordées aux clubs de sport à la formation des personnels encadrants d’ici à la rentrée 2024. Selon le maire, Lyon est « la première grande ville à mettre en place ce dispositif ».

Un levier de plus contre les violences

Pour 2024, la Ville prévoit la formation d’au moins deux personnes par club, un membre du conseil d’administration et un salarié. Aucun maximum n’a été fixé. Julie Nublat-Faure, adjointe aux sports de la Ville de Lyon, tient à préciser : « On veut que cette nouvelle condition ne soit pas perçue comme une contrainte supplémentaire, mais comme une clé. » Un avis partagé par Thomas Verro, responsable administratif et sportif du club Lyon Athlétisme : « J’y vois un accélérateur plutôt qu’une obligation. C’était déjà présent dans certains discours et actes ; si cela doit passer par un moyen plus formalisé, nous ne le ressentons pas comme une contrainte. » La mesure a été accueillie positivement dans la plupart des clubs que nous avons interrogés. À l’instar de Laurent Beaudroit, président du club de tir à l’arc Les Lions du 8ème, selon qui « la Ville va dans le bon sens avec cette proposition ».

Certains reconnaissent que l’implication des fédérations sportives sur le sujet reste pour le moins légère. Au club de badminton Bacly, on insiste sur le fait que, « si le badminton est un sport qui n’est pas touché par les grands scandales de violences sexistes et sexuelles, cela ne nous empêche pas d’être vigilants ». Julien Lamercerie, salarié du club, qui a suivi une formation auprès de l’association Colosse aux pieds d’argile, reconnaît qu’« elle permet d’être plus attentif à certains de nos propres comportements ».

Yann Cucherat, leader du groupe d’opposition Pour Lyon, salue lui aussi cette « bonne in

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