« Une nouvelle ère », vraiment ?

Cette nouvelle ère ne sera pas la continuité du quinquennat qui s’achève, mais l’invention collective d’une méthode refondée pour cinq années de mieux au service de notre pays, de notre jeunesse”, a clamé Emmanuel Macron au Champ-de-Mars hier soir après sa victoire face à Marine Le Pen. À Lyon, chaque camp semble avoir son idée des contours de cette « nouvelle ère », que tous s’accordent cependant à juger indispensable pour casser la lente progression de l’extrême droite, qui n’aura jamais été aussi proche du pouvoir. L’analyse de Raphaël Ruffier-Fossoul, avec Julia Blachon et Honorine Soto.

En 2017, Jullié, 338 habitants, était la seule commune du Rhône à avoir majoritairement apporté ses suffrages à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Ses habitants ont cette fois choisi Emmanuel Macron à 52%. Mais 49 autres communes du département ont accordé au moins la moitié de leurs votes à la candidate d’extrême droite.  Quarante-neuf sur 267. Parmi lesquelles Ambérieux, Beaujeu, Jons, Lamure-sur-Azergues, Pusignan, Saint-Genis-l’Argentière, Saint-Pierre-de-Chandieu, Saint-Romain-en-Gier et même Thizy-les-Bourgs, l’ancien fief électoral de Michel Mercier, qui a tant choyé sa commune au fil des 23 ans qu’il a passés à la présidence du Département.

Marine Le Pen franchit la barre des 60% à Dracé, Les Halles et Saint-Clément-de-Vers. En revanche, la candidate du RN n’est majoritaire dans aucune commune de la métropole de Lyon, même si elle monte à 46,52% à Quincieux. La carte électorale du département illustre ainsi à nouveau la fracture qui se creuse entre l’électorat urbain et « nos compatriotes des provinces et des campagnes », remerciés « particulièrement » par la fille de Jean-Marie Le Pen dans son discours de « victoire » dimanche soir.

À la préfecture du Rhône, ce n’est pas la foule des grandes soirées électorales. Tous bords confondus, les élus venus répondre aux questions des journalistes veulent croire qu’après ce niveau historique atteint par l’extrême droite en France, plus rien ne pourra être « comme avant ». Et que d’une manière ou d’une autre, le pays entrera bien dans « une nouvelle ère », mais pas forcément celle dessinée dans le discours du premier président de la Ve République réélu pour un deuxième mandat sans avoir connu de cohabitation.

Pour les macronistes, l’ère de l’humilité ?

Soyons justes avec les élus «macronistes lyonnais» : hier soir, ils ont dans l’ensemble accueilli les résultats avec plus de soulagement que de joie, en rappelant toujours que l’époque appelle à une certaine gravité. Mais avant l’intervention présidentielle promettant « …

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