Présidentielles : 5 questions avant le premier tour

Malgré 12 candidatures aux profils variés, l’abstention semble promise à de nouveaux records pour un premier tour d’élection présidentielle dimanche 10 avril. Le scrutin ne manque pourtant pas d’enjeux pour l’avenir du pays et aura des répercussions profondes aussi sur la vie politique locale. L’analyse de Raphaël Ruffier-Fossoul, illustrée par Lacombe.

1. Marine Le Pen peut-elle gagner ?

Les abstentionnistes du premier tour se rassurent souvent en pensant qu’ils pourront se rattraper au second. Outre le risque de voir un duo inattendu se qualifier, ce serait oublier une règle électorale non écrite : le second tour ne défait pratiquement jamais les rapports de forces nés du premier tour. Si Marine Le Pen est en tête dimanche soir, sa victoire dans 15 jours ne sera plus une hypothèse improbable. Contrairement à 2002 et à 2017, l’extrême-droite aura cette fois de réelles réserves de voix : Éric Zemmour a eu le double mérite d’élargir son électorat potentiel et de « recentrer » Marine Le Pen en la rendant – en apparence seulement – plus raisonnable que par le passé. Hormis Nicolas Dupont-Aignan qui a déjà franchi le rubicon en 2017, il est probable qu’aucun autre candidat n’appellera clairement à voter pour elle, mais beaucoup devraient faire grossir les rangs de l’abstention : Jean Lassale, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud l’avaient déjà fait en il y a 5 ans. Jean-Luc Mélenchon s’en remettra aux résultats d’une consultation de ses soutiens. Cela lui avait été reproché en 2017, car ces derniers avaient penché pour le vote blanc, mais il avait fini par sortir de son silence et dire que voter pour l’extrême-droite serait « une terrible erreur ». En fera-t-il autant cette année en cas de nouvelle désillusion ? Du côté de LR enfin, la donne sera différente : en 2017, François Fillon avait clairement appelé à voter Emmanuel Macron. Valérie Pécresse a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’en ferait rien et ne donnerait aucune consigne de vote. Les autres candidats de gauche sont beaucoup plus fermes sur le principe d’un front républicain, mais ils n’ont jamais été aussi faibles.

Faîtes les additions, les projections qui accordent à Marine Le Pen 48,5% contre 51,5% des suffrages dans un duel de second tour avec Emmanuel Macron ne paraissent pas farfelues. « Cela représente 2 voix d’écart par bureau de vote dans toute la France. Elle peut les gagner » frémit le président LR du Rhône et maire de Rillieux-la-pape, Alexandre Vin…

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