Mobilités : comment Laurent Wauquiez détourne la loi LOM pour faire sa com’

Silence, ça presse ! En coulisses, le cabinet de Laurent Wauquiez agite des menaces à peine voilées pour forcer les communautés de communes à céder à la Région la compétence d’« autorité organisatrice de mobilité ». Derrière cette manœuvre, les élus perçoivent la volonté de s’accaparer un nouveau sujet de politique régionale pour le subordonner à un objectif de communication… et surtout peser davantage au sein du Sytral. Une enquête signée Moran Kerinec et illustrée par Jibé.

Des refus polis. Des fins de non-recevoir. Parfois un e-mail d’excuse, plus souvent un silence. Difficile de discuter de la compétence d’« autorité organisatrice de la mobilité » (AOM) avec les communautés de communes d’Auvergne-Rhône-Alpes. En on : « Nous ne donnerons pas suite à vos sollicitations. Aucune décision n’a été prise, le sujet est en réflexion. » En off : « C’est un sujet hyper-sensible. Personne ne veut se mettre la Région à dos. »

Un directeur de cabinet d’intercommunalité Les Républicains souffle : « La Région pousse politiquement et fait des menaces à peine voilées sur des questions de financement d’autres projets… » Un attaché départemental socialiste confirme : « Il y a eu des discussions assez menaçantes de la Région qui disaient aux intercommunalités qui ne souhaitaient pas aller dans son sens, que les projets qui devaient partir rapidement seraient enterrés. Le village gaulois qui voudrait s’exprimer, je lui souhaite du courage ! » Ambiance.

La curieuse missive de Laurent Wauquiez aux « comcoms »

Rembobinons. Avant l’adoption de la loi d’orientation des mobilités (LOM) fin 2019, les communautés de communes pouvaient (facultativement) exercer la compétence d’« autorité organisatrice de la mobilité ». La loi LOM les invite désormais à statuer sur le sujet avant le 31 mars 2021, pour l’exercer à partir du 1er juillet 2021. Objectif : résorber les zones blanches de la mobilité en coordonnant au sein d’une même autorité voirie, pistes cyclables, gestion d’un réseau de transports et service de mobilité (covoiturage, autopartage, transport à la demande, bus locaux ou location de vélo). Une compétence dédiée aux petits trajets, plus cohérente entre les mains d’autorités hyperlocales. Si les intercommunalités gardent cette attribution, elles pourront bénéficier d’un « versement transport », une taxe sur la masse salariale des entreprises, destinée à soutenir leurs projets. Si une collectivité décide d’y renoncer, la compétence revient

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