Les Verts peuvent-ils empêcher l’implantation d’Amazon à Lyon ?

Doucement mais sûrement, Amazon importe dans le paysage lyonnais ses entrepôts logistiques et ses polémiques. À la Métropole comme à la Ville, les exécutifs écologistes peaufinent mesures et arguments pour freiner l’enracinement du leader de l’e-commerce sur leurs terres. Une enquête de Moran Kerinec, illustrée par le subtil Guillaume Long.

Petit à petit, Amazon a fait son nid. Par ces « lockers », ces consignes automatiques jaunes implantées sur les mètres carrés libres des petits commerces. Par la multiplication des colis siglés de la flèche en forme de sourire en coin. Par l’implantation d’une agence de livraison à Saint-Priest début 2018. Par son service Prime Now, arrivé à Lyon et dans 15 communes de la métropole en janvier 2020, et qui, grâce à un partenariat avec Monoprix, permet à ses adhérents de disposer d’une sélection de 6.000 références, de l’alimentaire aux produits d’hygiène, livrés en moins de deux heures sur le pas de leur porte. Par les polémiques aussi. Chaque mouvement du géant de l’e-commerce est scruté par ses détracteurs, associatifs ou élus, qui s’insurgent contre une stratégie de déploiement jugée « agressive ».

L’entreprise de Jeff Bezos est déjà solidement implantée à Lyon. L’essaimage des « lockers » révèle son emprise sur le foncier du territoire : Amazon compte 117 consignes automatiques dans le Rhône, dont 42 à Lyon. Côté emploi, l’agence logistique de Saint-Priest a embauché 84 CDI et compte près de 350 livreurs en emplois indirects. Le modèle supérieur – un centre de tri de 34.000 m² – a été ouvert à Satolas-et-Bonce en septembre 2019, techniquement aux portes de Lyon, à un jet de pierre de la frontière de l’Isère. À terme, Amazon projette d’installer un centre de distribution titanesque à proximité immédiate de l’aéroport Saint-Exupéry, sur la commune de Colombier-Saugnieu. Objectif : finaliser sa colonne vertébrale de distribution du nord au sud de la France. Car le mastodonte américain a une ambition dévorante : installer 30 à 35 sites en France d’ici à trois ans.

Un Américain bien discret

Malgré cet appétit affiché, l’imposant e-commerçant aime se faire petit. À Colombier-Saugnieu, rien n’est encore officiel. Si le permis de construire est signé par Goodman France SARL, tous les acteurs de la Métropole y discernent l’encre d’Amazon. Les élus locaux ne cachent pas les échanges avec la direction d’Amazon France sur les détails techniques du dossier. Pourquoi tant de discrétion ? « Le développement d’un projet logistique est un processus long et nous ne pouvons confirmer un projet qu’une fois qu’il a atteint un certain niveau de maturité »

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