Cyberharcèlement de Julie Hainaut : la justice française face au défi de la haine en ligne

Le procès en appel de l’un des nombreux cyberagresseurs présumés de Julie Hainaut s’est tenu ce mardi à Lyon. Pourtant, les principaux responsables de la violente campagne lancée contre la journaliste voici trois ans continuent de sévir, tandis que la justice française peine à adapter ses outils. Une enquête du journaliste d’investigation Élie Guckert, spécialiste des réseaux d’extrême droite, illustrée par l’incisive Sandrine Deloffre.

L’affaire  jugée en appel à Lyon ce mardi 24 novembre, pour des faits de cyberharcèlement, pourrait paraître banale, tant l’utilisation des réseaux sociaux comme arme pour intimider des journalistes ou de simples citoyens, de Mila à Mennel en passant par les dessinateurs de Charlie Hebdo et Samuel Paty, est devenue monnaie courante.

Sylvain C., 39 ans, militant d’extrême droite revendiqué, est poursuivi pour « injure à caractère sexiste et raciste ». Il faisait partie de la horde d’internautes qui a inondé d’insultes et de menaces la journaliste, et collaboratrice de L’Arrière-Cour, Julie Hainaut, qui espère « qu’il y aura confirmation du jugement de 1ére instance ». En mars 2019, le prévenu avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 5 500 € d’amende. Le verdit de l’appel sera rendu le 17 décembre. En attendant, les principaux responsables courent toujours. 

En septembre 2017, Julie Hainaut avait publié dans le magazine lyonnais Le Petit Bulletin un article sur un bar à cocktails du 6e arrondissement dont les tauliers glorifiaient l’époque coloniale. « Une période sympathique, il y avait du travail à cette époque accueillante », déclarait l’un d’eux. « Julie n’a fait que son travail de journaliste et s’est contentée de relater des faits », résume Paul Coppin, responsable juridique de Reporters sans frontières (RSF) qui s’est constituée partie civile au côté du Syndicat national des journalistes (SNJ).

Les quelque 2.000 signes de cet article vont pourtant faire sortir de terre presque autant de militants d’extrême droite bien décidés à pourrir la vie de l’autrice. L’ordre de mobilisation a été sonné par ce que la fachosphère française a engendré de pire ces dernières années : le site néo-nazi Démocratie participative, « déversoir d’une idéologie qu’il deviendrait presque docile de qualifier d’extrême droite », lâche Éric Bothorel, député LREM des Côtes-d’Armor, très actif en matière de lutte contre la haine en ligne. Il a notamment obtenu en septembre dernier le

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