« Nourrir Lyon en temps de crise, sauver la récolte »

D’un côté des paysans obligés de surgeler ou détruire leur production faute de débouchés ; de l’autre des consommateurs placés sur liste d’attente avant d’être approvisionnés par des AMAP ou autres filières courtes. La crise sanitaire et la fermeture des marchés ont mis en évidence la fragilité des liens entre l’agglomération lyonnaise et son bassin agricole, qui est pourtant l’un des plus riches de France. Pour sortir de cette aberration, une centaine d’acteurs de l’alimentation régionale demandent à David Kimelfeld de doter la Métropole, dont il est toujours président, d’un marché d’intérêt métropolitain. L’Arrière-Cour a rencontré (par Skype bien-sûr) son principal initiateur, Barthélémy Chenaux, et publie en exclusivité leur appel, ainsi que la liste des 100 premiers signataires.

Pourquoi êtes vous à l’initiative de l’appel publié aujourd’hui dans L’Arrière-Cour (à retrouver en intégralité à la suite de l’entretien) ? Barthélémy Chenaux : À titre personnel, je suis engagé dans un projet de légumerie-conserverie locale, Rhône-Saône Légumes, qui ouvrira en 2021. Et comme acteur local, j’ai trouvé la situation un peu paradoxale : le ministre de l’agriculture incite au « patriotisme alimentaire », mais dans le même temps, la fermeture un peu arbitraire des marchés privent nos agriculteurs de leurs débouchés. Or comme tout le monde a pu le vérifier, l’idée d’acheter français dans les supermarchés, c’est un leurre. Ce sont toujours des tomates espagnoles et des courgettes marocaines qui sont proposées. Pour Pâques, au Carrefour à côté de chez moi, ils proposaient de l’agneau néo-zélandais…. Alors que nos producteurs sont obligés de congeler leur viande ! Dans le même temps, beaucoup d’initiatives se sont mises en place, mais sans coordination, et donc sans parvenir à répondre à la demande. Les AMAP se sont retrouvées par exemple avec des listes d’attente importantes. On a donc ce paradoxe d’avoir d’un côté des producteurs contraints de détruire leur lait, ou de le transformer en fromage en attendant de pouvoir le vendre, et de l’autre des cités U où les étudiants n’ont pas les moyens de se nourrir correctement, des consommateurs qui n’arrivent pas à se fournir…

« L’autonomie alimentaire de la Métropole n’est que de 5%, alors que dans un rayon de 50 kilomètres autour de nous, la production agricole pourrait répondre à 80 ou 90 % de nos besoins »

La Métropole a notamment mis en place une plateforme pour regrouper les différentes initiatives
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