Qui veut (vraiment) faire barrage à Gérard Collomb ?

Sondage après sondage, une large majorité de Lyonnais exprime une volonté de renouvellement. Surtout, c’est l’ensemble de la société civile locale, des chefs d’entreprises aux milieux culturels, des responsables associatifs aux intellectuels, qui a pris ses distances avec « le baron de Lyon ». Tous lui reprochent de ne pas avoir mis à jour son logiciel et considèrent que le « modèle Collomb », s’il a eu ses mérites, ne répond plus aux besoins et aux attentes d’une métropole dans un monde en mutation. Mais la campagne électorale, tronquée par la crise du coronavirus, n’a pas permis aux candidats alternatifs de rattraper pleinement leur retard de notoriété. Au point que Gérard Collomb, semble en mesure de profiter des divisions de la gauche, comme des ambiguïtés de la droite et du centre, pour retrouver son grand bureau vitré de la rue du lac.

Dimanche 15 mars vers 19h, alors que les électeurs d’Irigny, Bron et Villeurbanne continueront à voter, les « barons noirs » de chaque camps entreront en action. Ils éplucheront les premiers résultats pour commencer à échafauder toutes les stratégies d’alliances possibles. À gauche, on aurait désespérément besoin d’un Philippe Rickwaert, le fameux « baron noir » de la série de Canal + qui, malgré tous ses défauts, s’avère un infatigable défenseur de l’union de la gauche et des écologistes. À droite, les chefs de file auront sans doute la tentation de raser les murs pour éviter les coups de poignards dans le dos… car tous ne partagent pas la même aversion à l’idée d’une alliance avec Gérard Collomb et certains pourraient même y voir une opportunité toute personnelle. Petit état des lieux à la veille d’un scrutin incertain et brûlant. 

Les batailles à droite

C’est François-Noël Buffet, candidat LR à la Métropole, qui a allumé la mèche en s’inquiétant des rumeurs d’accord dans son dos entre Étienne Blanc, candidat LR à la mairie de Lyon, et le candidat LREM à la Métropole, Gérard Collomb. Une telle alliance aurait sur le papier de grandes chances de l’emporter et ouvrirait un peu l’horizon de Laurent Wauquiez en lui offrant un nouvel allié dans la perspectives des régionales l’année prochaine. Mais elle semble tellement contre-nature qu’elle pourrait tout aussi bien faire imploser les deux alliés de l’intérieur. Comment réagirait, chez Gérard Collomb, les élus restés fidèles à la gauche ? Et surtout comment assumera-t-il publiquement une alliance avec l’ancien bras droit de Charles Millon à la Région, quand il a bâti ses succès électoraux de 2001 et 2008 sur l’idée d’un « front républicain » contre cette « droite extrême » ? Son ancien proche Georges Képénékian se demande déjà si « le Rubicon des valeurs » a été franchi, estimant qu’Étienne Blan…

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