« Nous sommes piégés : on est humains, on agit dans l’urgence, mais les pouvoirs publics se reposent sur nous »

Depuis la fin de 2023, la Ville de Lyon, la préfecture et les associations et collectifs d’aide aux sans-abri se renvoient la balle sur la question de l’hébergement d’urgence. L’Arrière-Cour fait le point, entre annonces politiques, ouvertures de places et opérations solidaires. Un article signé Anaïs Viand et illustré par Camille Brucker.

En décembre 2023, selon les chiffres du collectif Jamais sans toit(1) recueillis auprès de 137 établissements scolaires, 331 enfants étaient à la rue dans la métropole lyonnaise, dont 176 au sein de la ville de Lyon ; parmi eux, 22 nouveau-nés. « C’est sept fois plus qu’il y a deux ans à la même période », déplore Juliette Murtin, parent d’élève et membre des collectifs Jamais sans toit et Solidarité entre femmes à la rue. À ce sinistre décompte s’ajoutent des femmes enceintes et des personnes souffrant de graves problèmes de santé. Et pour reprendre les mots de Brigitte Macron – venue rendre visite à Grégory Doucet à l’occasion du lancement de l’opération Pièces jaunes le 10 janvier – prononcés au micro de BFM TV : « Ça, c’est pas possible. »

Traumatismes partagés

Selon Sandrine Runel, adjointe au maire chargée des solidarités et de l’inclusion sociale, quelque 1.000 personnes dorment à la rue à Lyon. Or, le droit au logement est inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, et la loi DALO de 2007. Début octobre 2023, six villes – Lyon, Grenoble, Strasbourg, Paris, Bordeaux et Rennes – ont intenté un recours contre l’État, exigeant de lui qu’il crée des places d’hébergement supplémentaires et rembourse les sommes dépensées par les municipalités afin de venir en aide aux sans-abri. Le 12 décembre, ces mêmes villes adressaient une lettre ouverte à Emmanuel Macron ; elles y décrivaient un système d’hébergement d’urgence « à bout de souffle » et demandaient à être reçues « dans les plus brefs délais ».

À ce jour, aucune réponse… si ce n’est l’annonce un peu floue de la préfecture du Rhône, le 14 janvier : 300 places d’hébergement d’urgence dans le Rhône à venir en 2024. Où ? Quand ? Encore des questions laissées en suspens.

Vanina Nicoli, secrétaire générale de la préfecture du Rhône et préfète déléguée pour l’égalité des chances, interrogée sur ce sujet, a précisé qu’« on ne crée pas des places d’hébergement comme on ouvre des gymnases ». Il s’agit de trouver des sites adaptés et de les équiper convenablement, avec blocs sanitaires et espaces

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