Porno-pandémie : Sabine Duflo dénonce le « viol psychique » des enfants

Sabine Duflo, psychologue clinicienne, peut être considérée comme une lanceuse d’alerte sur les dangers des écrans. Depuis 2014, elle en dénonce les ravages à travers ses livres, chroniques (dont cinq publiées par Le Monde) et interventions médiatiques ; elle appartient également au CoSE (Collectif surexposition écrans). Parmi ses très jeunes patients qui passent souvent plusieurs heures par jour devant des tablettes et des mobiles, elle a vu se répandre des troubles graves de la communication et de l’attention qui imitent presque en tous points l’autisme. L’année dernière, elle avait témoigné de ces risques dans L’Arrière-Cour. Une tribune libre illustrée par le très inspiré Guillaume Long.

Également philosophe de formation, Sabine Duflo est autrice de plusieurs livres, dont Il ne décroche pas des écrans ! (Poche/Marabout, 2020). Elle a créé un programme de prévention baptisé « 4 pas pour mieux avancer », dont les principes sont : pas d’écran le matin, ni durant les repas, ni dans la chambre de l’enfant, ni avant de s’endormir.

Après presque 20 ans à prendre en charge des enfants en Seine-Saint-Denis, notamment au sein du centre médico-psychologique (CMP) de Noisy-le-Grand, elle officie désormais aux urgences psychiatriques pour adolescents dans un hôpital public du Loiret, l’EPSM Georges-Daumézon. « Depuis mon arrivée, je constate tous les jours que l’irruption des écrans potentialise les fragilités et favorise les passages à l’acte suicidaires », s’alarme-t-elle. « À cause des écrans, les ados harcelés deviennent cyber-harcelés, ce qui est encore plus dangereux ; l’ado dépressif.ve qui s’évadait encore par la lecture s’enferme dans l’isolement, car le portable ou la tablette distend les liens familiaux. Les situations critiques deviennent très rapidement des situations de danger immédiat. »

Aujourd’hui, la psychologue prolonge l’alerte par une nouvelle tribune, car elle observe qu’en plus de leurs conséquences cognitives délétères, les écrans facilitent l’accession des enfants et adolescents à des contenus pornographiques. Des images de pratiques sexuelles extrêmes, souvent très violentes, qui les traumatisent durablement.

Pourquoi la prise de conscience et les mesures fortes tardent-elles tant ? Parce que les lobbies du numérique pèsent de tout leur poids pour empêcher un vrai débat de se tenir. « On voit fleurir sur les plateaux de télévision et de radio et dans les articles, même dans les plus grands médias, des ‘pseudo-experts’ qui assènent de f…

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