Coronavirus : « La Chine essaie d’obtenir un monopole sur le traitement »

Alors que les polémiques enflent sur la responsabilité du gouvernement chinois dans la catastrophe planétaire du Covid-19, L’Arrière-Cour a réuni (sur Zoom) trois spécialistes reconnus de la Chine. Pour les nombreux lecteurs qui nous ont suggéré de développer ce format, cette rencontre passionnante, qui bouscule beaucoup d’idées reçues, est aussi disponible en podcast. Elle est illustrée par le toujours génial Guillaume Long.

Faut-il avoir peur de la Chine ?

Débat avec l’économiste Mary-Françoise Renard (Université de Clermont-Ferrand), le sociologue Jean Ruffier (professeur émérite à l’Université Lyon-III) et le spécialiste du numérique, Stéphane Grumbach (ENS Lyon).



Le sociologue Jean Ruffier (professeur émérite à l’Université Lyon-III) voit dans la gestion calamiteuse du début de l’épidémie une « catastrophe industrielle », provoquée par un régime de terreur dans lequel les mécanismes d’alerte dysfonctionnent, comme dans l’URSS de Tchernobyl. « Si la Chine ne parvient pas à tirer les conséquences de cet accident, elle en connaîtra d’autres », prévient-il. Il décrypte aussi les méthodes de prédation de technologies du gouvernement chinois et estime que le pays-continent, sous couvert de coopération internationale autour de la recherche de traitements et de vaccins contre le Covid-19, espère obtenir le monopole d’un futur traitement.

L’économiste Mary-Françoise Renard (professeure agrégée à l’Université d’Auvergne) s’alarme du peu d’efforts des responsables politiques et économiques européens pour comprendre le mode de fonctionnement d’un pays dont la capacité d’apprentissage s’avère, au contraire, considérable. Elle estime que la Chine pourrait chercher à profiter de la reprise économique pour assoir sa domination mondiale dans des secteurs-clés de l’intelligence artificielle, de la 5G ainsi que de l’économie verte.

Spécialiste du numérique, Stéphane Grumbach (directeur de recherche à l’INRIA, enseignant à Sciences-Po Paris, ENS Lyon) voit d’ailleurs bien la Chine imposer ses valeurs et son modèle au nom de l’urgence environnementale, estimant que c’est en Asie, « moins individualiste et plus solidaire », que la capacité d’inventer le futur et de mettre en œuvre les solutions est la plus forte. Mais à ses yeux, c’e…

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