Écrans : les jeunes Lyonnais dangereusement surexposés ?

Sommes-nous en train de « massacrer » le cerveau de nos enfants et ados en les surexposant aux écrans ? C’est ce que dénoncent les auteurs Sabine Duflo et Michel Desmurget, évoquant un enjeu de santé publique majeur. Du côté des candidats à la Ville et à la Métro, les équipes sont très diversement sensibilisées. Leurs réponses passent du très offensif au renvoi de balle en direction des institutions. Avec, souvent, un certain défaitisme face à la montée en puissance du numérique. Une enquête d’Ariane Denoyel, avec Moran Kerinec.

Éducatifs, les écrans ? Pas vraiment. À 18 mois, un enfant qui a accès aux écrans perd en moyenne 1 h 40 d’interactions quotidiennes avec ses parents, reçoit 85 % de sollicitations parentales en moins et produit 25 % de langage en moins. Son risque de devoir consulter un orthophoniste explose : + 250 % !

Et les effets se cumulent au fil du temps : à 12 ans, l’enfant exposé aux écrans pendant cinq heures quotidiennes leur a consacré 2.500 heures de sa jeune vie, soit l’équivalent de trois années de classe. Ses interactions quotidiennes avec ses parents sont de 23 mn inférieures à celles des autres enfants. En 2016, l’Arcep, le régulateur des télécoms, signalait que 93 % des 12-17 ans disposaient d’un téléphone portable. Et quelque 85 % des adolescents emportent leur smartphone aux WC.

Un père d’ado de 12 ans scolarisé en 5e se lamente : « Dans la classe de mon fils, ils ne sont que trois sur trente à ne pas avoir de smartphone. En théorie, les élèves n’ont pas le droit de l’utiliser ni même de le sortir de leur cartable, mais dans les faits, le collège ne contrôle pas grand-chose. Impossible d’empêcher que les enfants soient en contact avec des contenus violents ou pornographiques dans la cour, au réfectoire ou à la sortie. » Cette exposition à des contenus inadaptés peut créer une grande anxiété et favoriser un mécanisme de dépendance, assure Sabine Duflo.

« L’exposition plus ou moins forte aux écrans conditionne le développement de l’intelligence »

À rebours d’un discours très lénifiant sur les prétendus bienfaits des écrans – discours dont les auteurs, assurent-ils, sont souvent financés par l’industrie du numérique – cette psychologue  (cofondatrice du collectif CoSe) et le chercheur en neurosciences Michel Desmurget décrivent le désastre en cours. Retards de langage, agressivité, violence, incapacité à créer du lien : la psychologue, qui exerce en Seine-Saint-Denis, observe d’importantes lacunes dans les apprentissages et des troubles du comportement. À tel point que nombre de professionnels de l’enfance évoquent désormais un « autisme virtuel ». « L’exposit…

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